valise ouverte

« Cette valise est restée longtemps en haut de l’armoire. Les valises anciennes en cuir vieillissent bien, mais la nôtre était en simili et il y avait des craquelures à toutes les pliures, avec la poussière qui se logeait dans les fentes mal ajustées des serrures. Je détestais porter cette valise.

L’anse faisait mal à la paume de la main, le poids de la valise tirait sur le bras dès les premiers mètres, les angles cisaillaient les genoux et les mollets. Il fallait la mériter, l’aventure dans laquelle on s’embarquait avec cette valise à la main.

La valise était remplie de disques vinyle, calés avec des serviettes brodées et des napperons blancs en tricot et allez savoir ce qui dans ce chargement était le cadeau bonus, les beaux tissus de famille ou les disques trop précieux pour être laissés derrière nous. »

Extraits des Carnets imaginaires d’exils

Du 3 au 27 novembre 2016 au Rize (Villeurbanne)