Exposition / Espace Photographique du Grand Colombier

Même si la structure a vocation à exposer davantage la photographie, c’est avec plaisir qu’elle présente cet été, du 11 juillet au 31 août, dans son nouvel espace d’exposition L’espace photographique du Grand Colombier, le travail artistique de Jean-Baptiste Boiteux sur la place de l’individu dans la communauté et sur l’identité. Ce travail annonce parfaitement la première exposition de photographie, qui sera présentée à la rentrée Ceci n’est pas un selfie, sur l’identité des adolescents dans un lycée.

Diplômé de l’École nationale supérieure des Beaux Arts de Paris en 2006, Jean-Baptiste Boiteux est un artiste pluridisciplinaire (dessin, peinture, gravure, sculpture, vidéo, installations), installé depuis 2018 dans le Bugey à Virieu le Grand. Dans l’atelier impression édition de Michel Salsmann, il développe un univers graphique autour de l’idée de multiple, d’accumulation et de collection. Il conceptualise alors ses premières populations ou communautés, qui se matérialisent par la fabrication en série de figures toujours réalisées avec une technique et sur un support : Lithographie, sérigraphie, gravure, impressions numériques, dessins, peintures, volumes, carton, bâches, rhodoïd… Ces personnages inspirés de ses contemporains et de leurs états d’âme sont regroupés sous différents noms : Les Inconfiants, Les Projectionnistes, Les Nuages bleus… Cette nouvelle population, Les Démasqués, a été réalisée à l’encre de chine et à la peinture à l’huile sur des petits formats. Il s’agit de travaux préliminaires d’une communauté devant être présentée par la suite sur des grandes toiles. Les Démasqués Population silencieuse mais non muette, la série Les Démasqués réunit 48 portraits d’individu

Les Démasqués

Population silencieuse mais non muette, la série Les Démasqués réunit 48 portraits d’individus créés sur le vif et dans l’urgence. Ces œuvres font partie d’un même processus créatif, qui n’admet pas de rebuts. L’artiste à la manière d’un calligraphe laisse son geste explorer le papier avec une plume ou un bambou et de l’encre de Chine. Plus tard, il redécouvre son œuvre avec la peinture à l’huile et en fait ressortir les personnages. Toutes les œuvres sont présentées et exposées sans critère esthétique à la manière d’instantanés.

Il en ressort des individus, aux peaux luisantes, burinés par le temps, miroirs déformants d’un environnement coloré et pourtant invisible. Ces démasqués se retrouvent dans une nature, dans laquelle l’activité humaine reste néanmoins perceptible. Ils se mettent à nus et nous livrent leurs états d’âme.

Les figures de cette population sont connectées entre elles par la même énergie invisible, tout en étant séparées dans une matière visible : paradoxe de l’incarnation. Montrés dans les précédentes expositions de manière linéaire, les démasqués sont présentés ici tantôt à plat tantôt au mur ne permettant pas au visiteur d’avoir une vue d’ensemble. Les individus de cette communauté ne se laissent voir qu’à travers une déambulation.

Jean-Baptiste Boiteux et Chloé Colin